Griffonnage

Le blog d'un apprenti prosateur

Une nuit d’amour

Hotel-Room

Je suis là, debout au pied du lit, nu, à l’observer. Elle est magnifique, sa beauté me trouble. A sa vue, je sens monter en moi une nouvelle excitation et la pulsion est trop forte pour y résister. Ma main s’active déjà sur mon sexe en érection. Je prends mon temps pour faire durer le plaisir, accélérant et ralentissant le mouvement, jusqu’à ressentir cet orgasme qui me fait vaciller, libérant des flots d’endorphine dans tout mon corps et expulsant ma semence laiteuse sur le corps nu de ma partenaire…

Je ferme les yeux un instant, appréciant le plaisir qui continue de m’envahir par toutes les sinuosités de mon corps.

Mais je sens quelque chose qui cloche et mon extase passe aussitôt. Il y a quelqu’un dans la pièce !

“ Mais qu’est-ce-que tu as fait ??, me crie une voix derrière moi.
– Ce que je fais toujours, tu le sais bien. Tu es trop sensible, tu devrais rentrer, maintenant.
– NON ! Tu m’avais promis pour celle-là ! Je t’avais dit que c’était la bonne !
– Foutaises ! J’ai fouillé son sac, elle t’a raconté des conneries ! Elle était mariée, et ne recherchait qu’un plan cul, c’est tout !
– Non, non, non… Je ne te crois pas… ”

Il ne comprend rien, je vais devoir le secouer un peu !

“ Écoute, petite fiotte ! Si je n’étais pas là, jamais tu pourrais lever ce genre de gonzesse ! Ce ne sont que des salopes qui ne cherchent que le cul ! Un bon coup de dard dans leur pot à moutard, c’est tout ce qu’elles veulent !!
– Je ne te crois pas… Elle est douce, aimante. Elle a adoré notre dîner, on a discuté de tout et de rien. On a rit ensemble ! C’est la première depuis ces dix dernières années. Elle m’a avoué ne jamais avoir ressenti ça pour personne.
– Ah oui ? Et bien, ce n’est pas ce qu’elle me disait quand je m’en suis occupé ! Je la sentais se cabrer quand je lui fourrais ma langue dans son sexe humide ! Que je lui léchais le clito tout en lui foutant un doigt dans le cul ! Elle éprouvait un plaisir immense ! Puis, enfin, quand je l’ai prise en levrette, elle n’en pouvait plus, elle haletait, et criait ! Puis quand enfin je me suis vidé en elle, elle était encore toute tremblante de plaisir !! Elle m’a dit que j’étais le meilleur coup qu’elle ait jamais eu !
– Tu n’es qu’un grand malade ! Et tu as dépassé les bornes cette fois !
– Et ? Tu vas me faire quoi ? lui lancé-je en arborant un sourire narquois
– Je vais devoir mettre un terme à notre collaboration…, rétorqua-t-il le regard dur
– Pfff… Tu n’as pas le courage pour ça, tu es trop faible ! Tu ne serais pas là où tu es sans moi, sans ma hargne, ma combativité !
– C’est toi qui te trompes. J’ai beaucoup appris à tes côtés. Si je ne me suis pas manifesté encore, c’est que je croyais toujours en toi, en notre amitié. Mais, j’ai finalement ouvert les yeux. Tu n’es qu’un monstre et je dois t’arrêter. ”

Je le vois se diriger vers la chaise, sur laquelle se trouve un sac que je ne connais pas.

“ Hey ! C’est quoi ce sac ? Je ne l’ai jamais vu, lui dis-je
– Comme quoi, tu n’es pas toujours attentif. Ce qui prouve bien que tu ne peux plus me contrôler… Il est temps pour moi de me libérer de ta maudite présence !, dit-il en ouvrant le sac ”

Il sort un revolver automatique, et le pointe dans ma direction. Il semble déterminé, mais il me reste une dernière carte à jouer.

“ Très bien, tu as un flingue. Mais tu sais t’en servir au moins ?, lui dis-je
– Au moins autant que toi. Je te l’ai dis, j’ai beaucoup appris de notre relation…
– Si je meurs, tu meurs. Tu le sais, ça !
– Cela m’est égal ! Pas après ce que tu as fait !
– Et c’est seulement maintenant que tu fais ton dégoûté ? Tu l’a dis toi-même. Cela fait dix ans que l’on collabore. Tu aurais pu te barrer depuis le temps. Retourner dans les jupons de ta mère…
– Justement, il paraît que le temps guéri des blessures. Et j’ai pardonné à ceux qui m’ont fait du mal. Tous. Sauf toi ! Et ça, je ne le pourrais jamais.
– Quoi ? Pour avoir dessouder tes parents ? Ils ne t’aimaient pas ! Ils te battaient ! C’est bien pour cela que tu m’as trouvé, non ? Pour te rendre plus fort ?
– Oui, mais pas pour les tuer…, répond—il, les larmes aux yeux
– Mais tu comprends vraiment rien, ma parole ! Si je n’étais pas intervenu, on n’aurait pas cette conversation !! Tu ne te rappelles pas cette fameuse nuit ? Tu ne te rappelles pas comment ton père, après t’avoir engueulé de ne pas avoir préparé à manger à temps, t’a emmené dans l’arrière-cuisine ? Qu’il a enlevé sa ceinture et commencé à te frapper ?
– Oui, bien sûr que je m’en rappelle… Mais il était alcoolisé… Il n’était pas dans son état normal, dit-il, des sanglots dans la voix.
– Mais, putain ! Comment on peut être aussi aveugle !?! C’est pas possible !, lui hurlais-je ”

Je le sens qui commence à paniquer, il faut que je fasse gaffe, sinon, je vais me prendre un pruneau… Je dois me calmer.

“ Écoutes. Baisse ton arme, je vais t’expliquer ce qu’il s’est passé ce soir-là…
– Rien à foutre ! Tu vas payer pour ce que tu m’as fait ! Pour ce que tu leur a fait, à toutes ces filles !
– Quoi ? Mais je n’ai fait que te protéger ! Tu es tellement idéaliste…
– Peut-être. Mais je t ‘avais dit de ne pas toucher à cette fille. Et tu n’as pas pu t’en empêcher… Alors, je vais te tuer. ”

Il se ressaisi. Il adopte ma position de tir, équilibré, bien ferme sur ses appuis. C’est vrai qu’il a bien appris. Je sens mon sang refluer dans mes jambes, pour la première fois, il me terrifie, il a tellement évolué. J’aurais du faire plus attention. Mais c’est trop tard. Il appuie sur la détente, je n’ai pas le temps de réagir. La balle sort du canon dans une gerbe de feu. La chambre, bien qu’insonorisée, ne pourra pas retenir le bruit de la déflagration. Je ressens l’impact au niveau de mon lobe frontal, je le sens craquer, et la balle se frayer un chemin dans mon cerveau malade. Je comprends enfin ce qu’il vient de me dire. Mais trop tard. J’ai l’impression de tomber sur moi même, et je finis par ne plus rien ressentir. Un dernier regard vers la fille allongée sur le lit : de son cou fin et délicat, un filet de sang continue de s’échapper doucement, de cette plaie jouissive. Dans ma main gauche, je tiens toujours l’arme du crime, alors que dans l’autre, se trouve le pistolet encore fumant du coup tiré….


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